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Pages immortelles de Rousseau

Citation

Date

1938

Légende

Editions Corrêa, 1946

Presentation

En 1938, Rolland publie Les Pages immortelles de J.-J. Rousseau, anthologie accompagnée d’une longue introduction. Il y présente Rousseau comme le véritable initiateur de la Révolution française, un homme investi d’une mission révélée lors de l’épisode de Vincennes et auteur d’une œuvre qui a transformé durablement la pensée européenne.

Bien qu’il l’ait découvert tardivement, il finit par voir en lui une figure centrale de la pensée moderne. Après avoir été influencé par les encyclopédistes, il reconnaît l’importance des Confessions, du Contrat social et des Discours, confirmant ainsi une intuition déjà formulée par son ancêtre Boniard.

Dès le début du XXe siècle, Rousseau est déjà une référence majeure dans son œuvre. Dans Le Quatorze Juillet et Le Théâtre du peuple, Rolland le présente comme l’inspirateur de la Révolution française et d’un idéal de théâtre populaire conçu comme une fête civique. Il rapproche également Rousseau de Léon Tolstoï, soulignant chez eux une même exigence morale, une religiosité indépendante des institutions et une influence décisive sur l’histoire.

Cette admiration culmine dans Pâques-Fleuries (1926), où Rousseau apparaît comme un prophète annonçant la chute de l’Ancien Régime. Cette figure visionnaire réapparaît dans Les Léonides et Robespierre, où une rencontre symbolique entre Rousseau et Robespierre suggère une transmission spirituelle entre le penseur et l’homme de la Révolution.

Au-delà de l’influence intellectuelle, Rolland s’identifie profondément à Jean-Jacques. Tous deux connaissent l’exil, l’hostilité de leur époque, un fort sentiment religieux affranchi des dogmes et une recherche d’harmonie entre raison, sensibilité et morale. Ils partagent aussi un goût pour la nature, la musique et l’exploration de la vie intérieure.

Enfin, Rolland voit en lui l’inventeur de la sensibilité moderne, le précurseur du romantisme et d’une écriture libérée des contraintes classiques. Philosophe, écrivain et musicien, Rousseau devient pour lui un véritable « compagnon de route », au point qu’écrire sur Jean-Jacques revient souvent à parler de lui-même.


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