top of page

Saint-Louis

Date

1897

Résumé

Saint Louis est une   tragédie spirituelle qui explore les tensions entre foi, doute et sacrifice.   À travers le personnage de Saint Louis, roi faible physiquement mais   inébranlable dans sa dévotion, Rolland dépeint un idéal de sainteté : la   croisade n’est pas seulement une quête militaire, mais une épreuve morale où   chaque personnage affronte ses propres démons.


Acte   I : L’appel à la croisade et les tourments des âmes

Scène 1

Un peuple de France se rassemble à   l’aube, inspiré par une vision mystique : Jésus est passé parmi eux, les   appelant à la croisade. Leur ferveur collective se mêle à des craintes   terrestres (récoltes, familles), révélant une foi à la fois simple et tourmentée.

Scène 2 (Devant la   cathédrale)

Gaultier de Salisbury, rongé par   le remords d’avoir tué son frère, supplie le pardon. Le pape Innocent IV   refuse d’abord, mais Saint Louis intercéde, et Gaultier, une fois absous,   passe de la désespérance à une fureur guerrière, jurant de venger le Christ.

Rosalie de Brèves, sceptique,   observe cette scène avec envie, y voyant une passion qui lui manque.

Thibault de Brèves et Mathieu de   Coucy débattent de la croisade : Thibault, idéaliste, voit en Louis un guide   spirituel, tandis que Mathieu, pragmatique, en doute.

Manfred et Ezzelin, mercenaires   cyniques, se moquent des croyants et complotent pour saboter l’expédition.

Quentin le forgeron et sa fille   Bérengère, guérie par un vœu, insistent pour partir. Louis les accueille avec   bonté.

Louis et Marguerite échangent des   paroles tendres et pieuses, soulignant leur foi partagée.

Le départ est donné : le peuple,   les chevaliers et les pauvres se joignent à l’armée, tandis que Manfred et   Ezzelin préparent leur trahison.


Acte   II : L’épreuve de la mer et les tensions humaines

Scène 1 (Sur le navire, la   nuit)

Saint Louis, seul sur le pont,   médite sur la fragilité humaine et sa confiance en Dieu. Marguerite le   rejoint, et ils évoquent leur amour et leur nostalgie de la France.

Bérengère, endormie, est veillée   par Étienne de Coucy, qui tombe amoureux d’elle. Leur échange révèle une   innocence et une piété qui contrastent avec les intrigues autour d’eux.

Gaultier, toujours rongé par le   doute, questionne Manfred sur son absolution. Manfred, cynique, joue avec ses   angoisses.

Rosalie, en proie à l’ennui,   dialogue avec Gaultier et avoue son mépris pour les conventions sociales et   son désir de vivre intensément, même au prix de trahir Thibault.

Scène 2 (Le matin, sur le   navire)

Thibault et Mathieu discutent de   leur nostalgie de la France. Thibault avoue son amour non partagé pour   Rosalie, tandis que Mathieu révèle son remords d’avoir mal traité sa femme.

Saint Louis aperçoit la Terre   Sainte et prie en silence. Le peuple, ému, croit voir une apparition du   Christ. Bérengère, en extase, décrit une vision mystique.

Louis donne l’ordre de débarquer,   et son calme apaisant rassure les chevaliers.

Scène 3 (Le débarquement et   la bataille)

Les croisés affrontent les   Sarrasins. Thibault est tué lors d’une embuscade, trahison ourdie par   Gaultier (distrait par sa passion pour Rosalie) et Manfred.

Saint Louis, affaibli mais digne,   tente de maintenir l’unité de son armée. Il confronte Gaultier, dont la   trahison a causé la défaite.

Rosalie, rongée par la culpabilité,   avoue à Louis qu’elle a indirectement causé la mort de Thibault. Louis lui   répond avec compassion, lui enjoignant de souffrir pour expier.

Manfred, terrifié, fuit le champ   de bataille.


Acte   III : La défaite, la rédemption et la mort de Saint Louis

Scène 1 (Le camp des   croisés, bloqué dans le désert)

Les croisés, affamés et   désespérés, sont cernés par les Sarrasins. Marguerite, malade, meurt en paix   aux côtés de Louis.

Rosalie, en deuil, se lamente sur   sa culpabilité et dialogue avec Manfred, désormais brisé et fou.

Mathieu de Coucy, dévasté par la   mort de son fils Étienne, se repent et se rapproche de Louis.

Louis, mourant, console ses   compagnons. Il pardonne à Rosalie et encourage Mathieu à continuer le combat   pour Dieu.

Scène 2 (La montagne   escarpée, marche vers Jérusalem)

L’armée, épuisée, gravit une   montagne vers Jérusalem. Louis, à l’agonie, contemple la Terre Sainte et   évoque avec nostalgie et sérénité sa France bien-aimée.

Rosalie lui demande si Dieu la   pardonnera. Louis lui répond que sa souffrance est déjà une grâce.

Mathieu, désespéré, pleure la fin   de sa lignée, mais Louis le console en lui rappelant que leur sacrifice sert   une cause plus grande.

Louis meurt en paix, entendant au   loin les acclamations de son armée. Rosalie, déchirée, implore Dieu de la   prendre aussi, tandis que Mathieu et les chevaliers rendent hommage à leur   roi.

Personnages

Saint Louis

Roi de France pieux, humble et faible physiquement, mais doté d’une foi inébranlable. Il incarne la bonté et la dévotion, guidant son peuple avec douceur et détermination. Malgré sa maladie, il reste un symbole de sacrifice et de confiance en Dieu, acceptant sa mort comme un retour vers le divin.


Marguerite

Reine de France, douce, pieuse et résignée. Elle partage la foi de Louis et l’accompagne avec amour et sérénité. Sa mort en paix, aux côtés de son époux, souligne sa dévotion et son acceptation du destin.


Gaultier de Salisbury

Baron tourmenté et violent, rongé par le remords d’avoir tué son frère. Son absolution par le pape le transforme en un guerrier fanatique, mais son doute persistant et sa passion pour Rosalie le rendent vulnérable. Il incarne la lutte entre la rédemption et la chute.


Rosalie de Brèves

Femme sceptique, passionnée et égoïste. En quête de sens, elle méprise les conventions sociales et trahit son mari Thibault par ennui. Son désespoir et sa culpabilité après la mort de Thibault révèlent une âme déchirée entre désir de vivre et remords.


Thibault de Brèves

Chevalier idéaliste et loyal, amoureux de Rosalie. Il voit en Saint Louis un guide spirituel et incarne la noblesse de la croisade. Sa mort, causée par la trahison de Gaultier et Manfred, symbolise l’innocence sacrifiée.


Mathieu de Coucy

Chevalier pragmatique et repentant. D’abord sceptique sur la croisade, il est dévasté par la mort de son fils Étienne et se rapproche de Louis. Son remords pour ses erreurs passées (notamment envers sa femme) montre une quête de rédemption.


Manfred

Mercenaire cynique et manipulateur. Il se moque des croyants et complote avec Ezzelin pour saboter la croisade. Sa lâcheté et sa peur devant la colère divine de Louis révèlent une âme corrompue.


Ezzelin

Allié de Manfred, opportuniste et sans scrupules. Il participe aux complots contre les croisés, mais son rôle reste secondaire, soulignant l’ambiance de trahison qui entoure l’expédition.


Quentin le forgeron

Homme simple, pieux et déterminé. Il insiste pour partir en croisade avec sa famille, symbolisant la foi du peuple. Son dévouement et sa bonté contrastent avec les intrigues des nobles.


Bérengère

Jeune fille frêle mais pieuse, guérie par un vœu. Son innocence et sa foi pure touchent Étienne de Coucy, qui tombe amoureux d’elle. Elle incarne la simplicité et la grâce divine.


Étienne de Coucy

Fils de Mathieu, jeune et idéaliste. Il tombe amoureux de Bérengère et représente l’espoir et la jeunesse au sein de l’armée. Sa mort au combat marque la perte de l’innocence.


Innocent IV (le pape)

Figure autoritaire et inflexible. Il refuse d’abord d’absoudre Gaultier, mais cède sous la pression de Louis. Son rigorisme contraste avec la clémence du roi.

Analyse


La pièce oppose la pureté de Louis et Marguerite à la corruption des autres : Gaultier, rongé par le remords, oscille entre rédemption et violence ; Rosalie, sceptique et égoïste, cherche un sens à sa vie dans la passion et la trahison ; Manfred et Ezzelin, cyniques, incarnent l’hypocrisie et la manipulation. Les pauvres et les humbles (Quentin, Bérengère) symbolisent, eux, la foi simple et sincère, contrastant avec les calculs des puissants.

Rolland utilise des scènes symboliques (la vision du Christ, la mort de Marguerite, l’agonie de Louis) pour souligner que la vraie victoire est spirituelle. La fin, où Louis meurt en paix alors que son armée aperçoit Jérusalem, montre que la foi transcende l’échec terrestre. La pièce, écrite dans un contexte de désillusion post-Première Guerre mondiale, interroge : le sacrifice pour une cause juste a-t-il un sens, même face à la défaite ? Rolland y répond par l’affirmative, faisant de Louis un martyr de l’idéal chrétien.

Articles

Articles ""

Éditions

- Saint-Louis, poème dramatique en 5 actes, Albin Michel (non daté).

Bibliographie

Précédent
Suivant
bottom of page