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La Montespan (1904)
Les Trois amoureuses (1906)

Date

1904

Résumé

La Montespan est une tragédie qui explore la chute d’une femme   puissante, rongée par l’ambition et la peur de perdre son emprise sur Louis   XIV. Montespan, figure complexe, incarne la lutte entre l’orgueil et le   désespoir, tandis que sa fille, Marie-Aube, représente la pureté et l’espoir   de rédemption.


Acte I : L’appartement de Madame de Montespan à Versailles.

Scène 1 : Montespan, alitée, reçoit les hommages de la cour   après son accouchement. Elle ordonne que son enfant soit montré au peuple,   symbolisant son triomphe. Les courtisans murmurent sur son influence et ses   méthodes douteuses.

Scène 2 : La Reine, hypocritement compatissante, révèle à   Montespan les rumeurs de sorcellerie à la cour. Elle mentionne aussi un collier de diamants que le Roi   aurait offert à une autre femme (Fontanges).

Scène 3 : Montespan, en colère, interroge La Voisin sur la   rivale. Elle refuse d’abord d’admettre la vérité, mais La Voisin lui révèle   que Fontanges est la   nouvelle favorite.

Scène 4-5 : Marie-Aube,   la fille de Montespan, et Fontanges  discutent de la situation. Marie-Aube, tourmentée par la honte de sa   condition de bâtarde, exprime son dégoût pour la vie de péché de sa mère.   Fontanges, insouciante, se vante du collier offert par le Roi.

Montespan, furieuse, arrache le collier à Fontanges   et le détruit.

Scène 6 : Le Roi rend visite à Montespan. Leur relation est   tendue : elle l’accuse de l’avoir trahie, lui reproche son âge et son manque   d’attention. Il est clair qu’il est las d’elle.

Scène 7-8 : Le Roi fait appeler Fontanges, confirmant les   pires craintes de Montespan. Elle sombre dans une crise de désespoir et de   rage, réalisant qu’elle a perdu l’amour du Roi. La Voisin lui propose alors de recourir à la messe noire pour retrouver son   emprise.


Acte II : Une galerie obscure du château de Versailles, la   nuit.

Scène 1 : Marie-Aube, inquiète pour sa mère, la suit   jusqu’à la chapelle où se déroule la messe   noire. Elle aperçoit, horrifiée, sa mère couchée nue sur l’autel, avec un prêtre célébrant un rituel   blasphématoire.

Scène 2 : Montespan, après le rituel, est rongée par la   honte. Elle tombe sur Marie-Aube, évanouie. Cette dernière, réveillée,   exprime son dégoût et sa pitié.

Montespan, déchirée, avoue son désespoir : elle ne   supporte pas l’idée de vieillir et de perdre son pouvoir.

Scène 3 : La Voisin  annonce que ses complices (dont Guibourg)   ont été arrêtés. Elle craint que sous la torture, ils ne révèlent tout.

Montespan, paniquée, envisage de fuir, mais La   Voisin lui rappelle qu’elle n’a plus d’échappatoire.

Scène 4-5 : Montespan, acculée, propose à La Voisin d’empoisonner le Roi (via son   verre de vin) et Fontanges. La Voisin accepte, bien que terrifiée par les   conséquences. Montespan, rongée par la culpabilité, hésite encore, mais sa   soif de vengeance l’emporte.


Acte III : Le cabinet de travail du Roi à Versailles.

Scène 1-2 : Le Roi et Louvois  discutent des affaires d’État. La   Reynie entre et révèle les aveux de La Voisin : Montespan est   impliquée dans des rituels sataniques et des tentatives d’empoisonnement.

Louvois tente de minimiser l’affaire pour éviter un   scandale, mais La Reynie insiste sur la nécessité de punir les coupables,   même parmi les grands.

Scène 3 : Montespan entre sans permission dans le cabinet   du Roi. Elle l’affronte avec audace, lui reprochant son ingratitude et son   infidélité.

Elle avoue avoir eu recours à la sorcellerie, mais   seulement parce qu’il l’y a poussée par son mépris.

Le Roi, furieux, la menace d’arrestation.

Scène 4 : Marie-Aube  entre et supplie le Roi d’épargner sa mère. Elle propose que Montespan soit   exilée plutôt que punie.

Montespan, d’abord réticente, accepte finalement de   partir pour sauver sa fille de la honte. Mais quand le Roi lui tourne le dos   et boit un verre de vin, Montespan, réalisant que le verre est empoisonné (destiné au Roi), l’arrache des mains de Marie-Aube et le   boit elle-même.

Scène 5 : Montespan meurt dans les bras de sa fille, après   avoir sauvé le Roi malgré elle. Ses derniers mots sont pour Marie-Aube : "Insolente   jeunesse, tu passeras aussi !" Le Roi, réalisant qu’il venait   d’échapper à la mort, tombe à genoux, priant Dieu.

Personnages

Madame de Montespan (Françoise-Athénaïs)

Femme ambitieuse, intelligente et orgueilleuse, elle a dominé la cour de Louis XIV pendant quinze ans grâce à sa beauté et son esprit. Rongée par la peur de vieillir et de perdre son pouvoir, elle sombre dans la sorcellerie et la folie pour conserver l’amour du Roi. Son sacrifice final pour sauver sa fille révèle une lueur de rédemption dans son âme tourmentée.


Louis XIV (Le Roi)

Monarque absolu, vieillissant et capricieux, il incarne l’autorité et l’égoïsme. Bien qu’il ait été séduit par Montespan, son ingratitude et son infidélité la poussent à la désespoir. Il reste aveugle à ses propres faiblesses jusqu’à ce que la mort de Montespan l’oblige à affronter ses erreurs.


Marie-Aube de Blois

Fille de Montespan, pure et sensible, elle souffre de la honte liée à sa condition de bâtarde. Son amour inconditionnel pour sa mère et son désir de rédemption contrastent avec la corruption de la cour. C’est elle qui, par sa tendresse, pousse Montespan à renoncer à ses plans funestes.


La Voisin

Sorcière manipulatrice et cynique, elle incarne les forces obscures de la superstition et de la magie noire. Elle pousse Montespan à commettre des actes extrêmes (comme la messe noire) pour conserver son pouvoir, mais l’abandonne quand le danger devient trop grand.


Angélique de Fontanges

Jeune et ambitieuse, elle devient la nouvelle favorite du Roi, remplaçant Montespan. Insouciante et vaniteuse, elle symbolise la jeunesse et l’innocence apparente qui masquent une soif de pouvoir tout aussi grande. Son triomphe est éphémère et teinté de mépris pour Montespan.


La Reynie

Lieutenant général de police, il représente la justice et la rigueur morale. Il est déterminé à démasquer les crimes de Montespan et de ses complices, malgré les pressions politiques. Son sens du devoir l’emporte sur ses sentiments personnels.


Louvois

Ministre du Roi, il incarne la raison d’État et la loyauté envers la couronne. Il tente de minimiser le scandale causé par les crimes de Montespan pour préserver l’image du Roi et de la France, même au prix de la justice.

Analyse

La pièce critique l’hypocrisie de la cour de Versailles, où la sorcellerie et les intrigues deviennent des outils pour conserver le pouvoir. La peur de la vieillesse et de l’oubli pousse La Montespan à des actes extrêmes, comme la messe noire, symbolisant sa déshumanisation progressive. Pourtant, son sacrifice final pour sauver sa fille révèle une lueur d’humanité dans sa tragédie. Louis XIV, figure ambiguë, est à la fois séducteur et tyran, son ingratitude nourrissant la folie de la Montespan. Rolland oppose ainsi la pureté de Marie-Aube à la corruption de la cour, sans manichéisme. Le style théâtral renforce la tension morale. Enfin, la pièce interroge des thèmes universels : la vanité du pouvoir, la fragilité humaine et le prix de l’ambition.

Articles

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Éditions

- La Montespan - Revue d'Art dramatique, 1904, p. 49

Bibliographie

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